« Près de 5 millions de familles sont dépendantes de l’aide alimentaire en France. Face aux dépenses contraintes, de plus en plus de personnes ne sont plus en mesure d’exprimer leurs préférences alimentaires, et sont obligées de se tourner vers les produits low-cost de l’agro-industrie, néfastes pour la santé comme pour l’environnement. Pourtant, les alternatives existent ! Pour les soutenir, l’association Ingénieurs sans frontières propose la création d’une sécurité sociale de l’alimentation : réserver un budget de 150 euros par personne et par mois à des produits bio, frais et de proximité. Explications. »
Document complet et détaillé dessinant les enjeux, tenants et aboutissants d’une sécurité sociale de l’alimentation en France
« Cette page présente le projet de sécurité sociale de l’alimentation rédigé par ISF-AgriSTA, mis en ligne pour la première fois en février 2019. Elle est mise à jour régulièrement pour présenter l’avancée des travaux et les liens utiles pour suivre le projet. Bonne lecture ! »
« En France, la sécurité sociale de santé offrait aux citoyen•ne•s, dans sa construction initiale, l’accès à des soins médicaux, quels que soient leurs revenus. Pourquoi ? Parce que la santé est un bien commun et l’accès aux soins, un droit.
Si l’alimentation, notre première médecine, représente une part majeure des questions de santé, un bien commun et même un droit, une part encore trop importante de la population n’est pas en mesure de l’exercer. L’accès digne à une alimentation choisie est un droit, tout comme l’accès aux soins, ne devrait-il donc pas faire l’objet d’une politique spécifique ?
Choisir son alimentation, c’est avoir accès à des produits qui nous conviennent, c’est-à-dire dont on a pu décider de leurs modes de production tout en répondant à nos préférences alimentaires. Cela revient à penser l’organisation d’un système de démocratie alimentaire.
Créer une sécurité sociale de l’alimentation (SSA) dans cet objectif, est-ce possible ? A quelles conditions ? Comment une sécurité sociale de l’alimentation pourrait-elle offrir à toutes et tous l’accès à une alimentation choisie, de qualité, respectant l’environnement et les travailleur•euse•s ? Comment cet outil pourrait-il garantir le droit à l’alimentation, être la base d’une souveraineté alimentaire des peuples et de la transition nécessaire du système de production agro-alimentaire ? Pourquoi une SSA et pas une autre politique? »
Courte vidéo vulgarisant ce que pourrait être une sécurité sociale de l’alimentation
« La bas si j’y suis » a organisé un échange avec Bernard Friot, le sociologue bien connu, auteur de la proposition d’un « salaire à vie », sur le thème de la sécurité sociale de l’alimentation.
La vidéo complète est réservée aux abonné.e.s mais le podcast de cet échange est disponible gratuitement.
Des millions de ménages se nourrissent grâce à l’aide alimentaire. Et si on remédiait au problème d’accès à une alimentation de qualité en créant une sécurité sociale dédiée ?
Le Réseau Salariat, l’association Agrista, la Confédération paysanne et un collectif de chercheurs planchent sur cette « utopie concrète ».
Et si la Sécurité sociale, dont l’exécutif vante aujourd’hui les mérites, pouvait régler le problème de l’accès de tous à l’alimentation? L’idée fait son chemin. Un groupe de travail réunissant l’association Agrista, le Réseau Salariat, la Confédération paysanne et le réseau des AMAP étudie l’idée depuis trois ans.
Interview par le Ministère de l’Education Populaire (MEP) de Laura et Kévin, qui militent pour la mise en place d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation.
Réseau Salariat est engagé dans un travail avec d’autres collectifs autour de la mise en place d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation. Kevin et Laura nous racontent où en sont leurs travaux sur le sujet.
Dossier de la revue « Campagnes solidaires » de la Confédération Paysanne, destiné à analyser les contours d’une future sécurité sociale de l’alimentation.
« Du temps, de l’énergie et de la motivation militante sont dépensés pour défendre nos revendications et nos propositions. Leur pertinence est encore une fois démontrée face à la dernière crise sanitaire. Pour autant, toutes les revendications de la Confédération paysanne, pour légitimes qu’elles soient, peuvent être ressenties comme un inventaire à la Prévert. Il ne suffit pas de brandir le drapeau de l’agriculture paysanne pour faire bloc devant la complexité du système agricole et alimentaire dont nous sommes le premier maillon.
(…)
Alors que faire ? Que faire à part brandir un drapeau, faire connaître (à raison mais trop souvent à bas bruit) nos positions dans les interprofessions ou les chambres d’agriculture, manifester dans la rue ou les ministères nos mécontentements, en subissant les agendas de la réforme néolibérale.
Le projet de Sécurité sociale de l’alimentation ne propose pas moins de faire le lien manquant entre la demande et l’offre d’alimentation. Cette demande, s’inspirant de celle de santé, pourrait devenir le puissant levier de la transformation agro-écologique et paysanne de notre agriculture.
Nous ne partons pas de rien.
La sécu, telle qu’elle a été pensée par nos mères et nos pères, si nous ne faisons rien va disparaître.
Alors, passons à l’offensive, non pas pour sa défense mais pour son extension à l’alimentation, et donc à sa production ! »
Interview avec Jean-Marc Rousselot, paysan à Mauléon (Deux-Sèvres) et militant au Réseau Salariat. Dans cette entrevue, il nous explique les raisons et les objectifs de cette volonté de créer une sécurité sociale e l’alimentation.
« Alors que l’accès à l’alimentation est un droit, la pandémie, le confinement, nous ont fait nous rendre compte qu’il n’est pas réel pour l’ensemble de la population.
Avec la fermeture des lieux de restauration collective, le non accès aux allocations chômage pour une partie des personnes privées d’emploi (intérimaires, autoentrepreneurs…), une part bien plus importante et malheureusement encore croissante de la population a dû recourir à l’aide alimentaire. Aujourd’hui, ce sont 8 millions de personnes qui dépendraient de cette aide.
Toute cette réalité est difficile à admettre. Elle pose la question de la capacité de notre système alimentaire à répondre aux chocs, se relever et assurer la justice sociale dans l’accès de toutes et tous à l’alimentation.
Elle pose également l’urgence de penser des alternatives en termes d’organisation nouvelle de la société.
(…)
Nous pouvons nous inspirer des déjà-là, apprendre de ce qui vient de se passer pour poser de nouvelles bases du vivre ensemble, mettre en commun, croiser, innover… Nous pouvons, nous devons, être audacieux. Nous pouvons expérimenter la notion de démocratie alimentaire, et revendiquer son expression concrète dans les chantiers majeurs comme celui de la création d’une sécurité sociale de l’alimentation ou encore dans l’essaimage des tiers-lieux alimentaires, agoras démocratiques pour repenser collectivement notre système alimentaire. »
Lors de cet atelier/conférence, Laura Petersell du groupe sécurité sociale de l’alimentation nous parle des aspects internationaux/décoloniaux du projet de sécurité sociale de l’alimentation.